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Chapelle de Navarre

Ensemble des 4 verrières de la chapelle de Navarre

Dossier IM78002669 réalisé en 2017

Les verrières de la chapelle de Navarre, bien que très restaurées, méritent une attention particulière car ce sont, avec deux verrières de la cathédrale de Meaux, les seuls témoignages in situ de l'art du vitrail en Île-de-France dans la première moitié du XIVe siècle. De plus c'est un des plus anciens exemple d'emploi du jaune d'argent en Île-de-France.

Dénominationsverrière
Aire d'étude et cantonMantes-la-Jolie
AdresseCommune : Mantes-la-Jolie

Si la date de fondation de la chapelle par Marie de Brabant est connue par des archives (1313), aucune source ne donne de précision quant à son décor. On connait les noms des maîtres verriers locaux qui ont entretenu, remis en plomb voire complété les verrières au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. D'importantes destructions affectèrent les verrières en 1794 et, en 1805, faute de moyens financier, on décida de plâtrer les trois registres inférieurs des verrières, ce qu'attestent des photographies anciennes. Pourtant, en 1882 l'Anglais Westalke dans son histoire du vitrail, signale des éléments importants de décor et identifie des scènes aux tympans (Résurrection et Descente du Christ aux limbes). Les verrières ont été restaurées en même temps que la chapelle de Navarre par Alphonse Simil en 1905. Paul Selmersheim avait indiqué la présence de nombreux fragments du XIVe siècle permettant une restitution. Les peintres verriers Emile Daumont-Tournel, Edmond Socart et Henri du Basty sont chargés de la réalisation des vitraux sur des cartons de Louis Yperman. Le financement est pris sur le legs d'Alphonse Durand (21 000 francs) et complété par les Beaux-Arts (12 450 francs). En réalité, il ne restait rien des grandes figures en litre et le choix de ce type de décor est inspiré de celui de la cathédrale d'Evreux. Seuls quelques dais étaient partiellement conservés et ont servi de modèle. Les fragments anciens des oculi ont été réutilisés au maximum, même si seulement quatre scènes sont identifiées : la Résurrection et les Saintes femmes au tombeau (baie 24) et le Christ aux limbes et saint Pierre accueillant les élus (baie 26). En janvier 1940, les médaillons anciens figurés ont été déposés pour être mis à l'abri. Les verrières des baies 22 et 28 ont été bombardées en 1944 et entièrement vitrées de neuf par Jean-Jacques Gruber en 1956. Il avait restauré les baies 24 et 26 en 1954. Lors de cette restauration quatre médaillons mis à l'abri à Champs-sur-Marne ont été omis. Ils sont aujourd'hui présenté dans le musée de l'Hôtel-Dieu, permettant ainsi de les examiner de près.

Période(s)Principale : 1ère moitié 14e siècle, 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates1905, daté par travaux historiques
1956

Baie 22 : vitrail entièrement refait par Jean-Jacques Gruber. Les panneaux originaux provenant des oculi des roses inférieures du tympan sont conservés au musée. Il s'agit de Pilate se lavant les mains et d'un centurion avec deux soldats. Ils sont bien conservés et peu restaurés. Toutefois les mains de Pilate ont été refaites. En 1882 Westlake avait noté la présence de fleurs de lys au tympan.

Baie 24: 4 personnages sous arcature disposés en litre réalisés par Emile Daumont-Tournel. Les centres des roses comportaient des scènes narratives encadrées de lobes en grisaille avec des fermaillets de couleur. Ils sont tous refaits. Les oculi des roses inférieures étaient à l'origine les panneaux de la Mise au tombeau et de la Résurrection aujourd'hui au musée. Ils sont eux-même très restaurés. Les grisailles ornementales des têtes de lancette sont anciennes. Elles sont ornées d'un rinceau continu de glands et de feuilles de chêne. En 1882 les armoiries de France (fleurs de lys) et d'Angleterre (léopards) étaient utilisées en alternance dans les têtes de lancette de cette baie et on notait aussi la présence des léopards dans un écoinçon.

Baie 26 : 6 personnages sous arcature refaits par Edmond Socard et Henri du Basty. Les dais des quatre lancettes centrales sont partiellement conservés. Ils ont servi de modèle à la restitution des dais manquants. Les grisailles ornementales des têtes de lancette sont anciennes. Elles ont la même ornementation que celles de la baie 24. En 1882 Westlake avait noté la présence de fleurs de lys au tympan.

Baie 28 : vitrail entièrement refait par Jean-Jacques Gruber.

Le jaune d'argent est timidement utilisé dans le décor des redents des médaillons, ce qui permet une datation des environs de 1315. C'est une des plus anciens emploi de cette technique recensé en Île de France. Les fonds des médaillons sont rouge ou vert à décor de rinceaux. Enfin l'analyse détaillée des médaillons permet d'affirmer que les verres utilisés ont été soufflés "en plateau".

Catégoriesvitrail
Structureslancette oculus de réseau
Matériauxverre transparent, coloré grisaille sur verre, jaune d'argent
IconographiesMise au tombeau
Résurrection du Christ
Pilate se lave les mains
Arrestation du Christ
armoiries
État de conservationremontage
oeuvre restaurée
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1904/08/10

Références documentaires

Bibliographie
  • DE FINANCE, Laurence : "Les vitraux de la chapelle de Navarre : l'art du vitrail au début du XIVe siècle en Île-de-France". In : Mantes médiévale, la collégiale au cœur de la ville. Somogy, 2000. p. 117127

  • WESTLAKE N.H.J. History od Design in painted glasses. Vol.II. Londres Oxford, 1882. p. 80-81

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Bussière Roselyne
Roselyne Bussière

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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